La mort noire / Graham Masterton

Publié le 27 Mai 2013

Illustration de Fabrice Lavollay

Illustration de Fabrice Lavollay

Le docteur Petrie est médecin à Miami. Pour la première fois de sa carrière, il est confronté à une maladie dont il ne reconnaît pas les symptômes. En quelques heures, ce qui n'était à ses yeux qu'une grippe sans importance prend l'aspect d'une épidémie bactériologique foudroyante. Tandis que les responsables du département de la Santé publique soutiennent la thèse du phénomène éphémère, la situation se dégrade. Le doute n'est plus permis : il s'agit d'une affection mortelle très contagieuse, dont la virulence se trouve décuplée par une mutation inconnue. Peu à peu, la ville sombre en plein chaos. Les autorités américaines ne vont pas hésiter à employer des méthodes radicales afin de circonscrire l'épidémie... Le docteur Petrie en réchappera-t-il ? Sauvera-t-il sa famille ?

Une œuvre mal équarrie...

Sorti en 1977, ce roman est la troisième œuvre d'horreur de l'auteur. Et cela se sent... le récit présente pourtant déjà les principales caractéristiques de Masterton, dont je vous ai parlé dans ma biochronographie de samedi dernier. La mort y est omniprésente, évidemment, il s'agit d'une épidémie de peste! Mais l'imagination de l'auteur n'a pas encore assez d'expérience pour se déployer tout à fait. Du coup, on assiste à des scènes grosses comme des camions, complètement bateau, on les voit venir à deux kilomètres... Le coup du brave médecin qui s'aventure dans les rues jonchées du cadavre et qui tique sur celui d'une jeune femme de 25 ans, fraîchement mariée et enceinte... Que peut-on imaginer de plus horrible? Et en même de temps de plus évident comme exemple de mort atroce... On a l'impression que l'auteur en fait des tonnes pour donner à son roman des airs chaotiques, mais il y a tellement de tonnes que ça en devient trop lourd. L'excès nuit en tout, dit-on...

Le sexe est aussi relativement présent, comme on pouvait s'y attendre (un livre de Masterton sans sexe n'est pas vraiment un livre de Masterton). Mais bon, à peine deux scènes, dont une très courte et qui laisse entrevoir la morale douteuse des personnages, ce qui peut décevoir le lecteur qui s'en était fait une image plus que positive jusque là. Enfin, ça reste compréhensible, en temps de peste, on pense généralement fort peu aux relations sexuelles. Il faut dire que l'odeur des cadavres et la possibilité d'être infecté, ça refroidi pas mal...

L'appel vers le surnaturel est dans ce livre inexistant. Non, la peste ne vient pas d'un vilain démon qui aurait décidé de répandre sa semence sur terre pour perpétuer sa race et la mêler à celle des hommes. Tout est très terre à terre, l'erreur parfaitement humaine, et la solution inexistante. Voilà qui a déçu mes appétits de lectrice fantastico-fantasienne! Mais on ne peut pas tout avoir dans la vie, surtout que l'ouvrage propose tout de même quelques points positifs.

Une ambiance pesante, une intrigue prenante...

Si Masterton n'est en encore qu'à ses balbutiements, il peut déjà être très fier de lui! Outre les quelques remarques ci-dessus, l'intrigue de livre tient tout à fait la route. On parvient malgré tout à se prendre au jeu et se laisser entraîner dans l'histoire sans trop de difficulté. C'est que l'auteur possède un style d'écriture très agréable à lire et qu'il n'a pas son pareil pour captiver le lecteur d'entrée de jeu. Le scénario de départ est simple mais efficace, laissant ouvert tous les champs du possible. L'histoire principale du Docteur Petrie se ramifie par la suite pour montrer différentes tranches de vie au travers d'aventures qui vont mener à une rencontre des différents protagonistes. Couru d'avance, mais agréable malgré tout, car on se demande tout au long du livre comment ils vont se rencontrer, et on ne s'attend pas particulièrement à la réponse donnée par l'auteur. Car si on peut encore prévoir l'histoire jusqu'au premier tiers du roman, la suite est tellement riche en rebondissements qu'on garde malgré tout l'effet de surprise de la finale. Une finale en demi-teinte, d'ailleurs, qui nous laisse, non pas déçu mais un peu sur notre faim.

Quant à l'ambiance du roman, c'est un des points les plus réussis, selon moi. Pesante et glauque à souhait! Avec de bonnes descriptions qui viennent étoffer notre impression naissante de chaos totale et de désespoir.

En résumé...

Pas une pure réussite, sans toutefois être un total foirage... Je dirais que ce roman était intéressant d'une part pour se faire une idée de l'évolution de l'auteur au fil de ses romans, d'une autre part parce que l'intrigue m'a quand même tenue en haleine jusqu'au bout, et qu'au final j'ai passé un moment de lecture divertissant.

 

Ma note : 7/10

 

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La mort noire / Graham Masterton

Lu dans le cadre du challenge "Au-delà de la peur 2013".

La mort noire / Graham Masterton

Lu aussi pour le challenge "Petit Bac 2013", dans la catégorie Couleur.

Rédigé par Acherontia

Publié dans #Chroniques, #Horreur, #Littérature britannique, #1970's, #Romans adulte

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