[Chronique] Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Publié le 17 Novembre 2016

Yzé, c'est un peu la Chuck Norris des arts magiques. Je ne serais pas étonnée que l'auteur nous apprenne qu'elle a compté jusqu'à l'infini deux fois.
Plus sérieusement j'ai sincèrement apprécié cette lecture, malgré la profusion de personnages et de clans qui ont rendu mon introduction dans l'univers d'Yzé un peu compliquée. L'histoire proposée est relativement simple, mais elle est émaillée d'une foule d'éléments très intéressants.

Achérontia

Synopsis...

Ambre Delage est une lycéenne lambda. Orpheline de père et de mère, elle vit chez sa tante Lucy qui l'élève depuis sa naissance. Un soir, un événement dépassant l’entendement va brusquement la jeter dans un tourbillon de révélations qu'elle était loin d'imaginer. Dès lors, pour la jeune fille tout bascule. Il faut fuir. Fuir sa vie tranquille, fuir son identité. Mais qui est-elle vraiment ?

La loi d'attraction universelle...

Cette lecture m'a été proposée par les éditions Taurnada, et envoyée sous forme d'ebook il y a déjà quelques mois de cela. Je tiens d'ailleurs à m'excuser une nouvelle fois auprès de l'auteur et de l'éditeur qui ont attendu longtemps cette chronique. Ma santé n'a malheureusement pas été au top niveau ces derniers temps, et plus rien de bon ne sortait de ma plume. Résultat des courses, les chroniques sortaient au compte-goutte (et encore, l'instrument semblait en mauvais état de fonctionnement...), et mon blog se voyait pratiquement délaissé. Je m'en suis longtemps désolée, sans pour autant pouvoir remédier à la situation.

Heureusement, les choses tendent à s'améliorer, et je reprends peu à peu le chemin de l'écriture, encore que je me sente comme un faon effectuant ses premiers pas sur le sol inégal de la forêt. Mais l'envie de reprendre y est, et c'est ce qui compte! 

Préambule...

Je commencerai cette chronique en vous disant qu'à la lecture de ce roman, j'ai distingué deux parties plus ou moins distinctes, surtout au point de vue du style. Je diviserais le livre en deux parts égales, à quelques pages près.

Je vous avouerai que j'ai dû m'accrocher durant la première partie. Pas que le roman était désagréable à lire, au contraire, mais l'histoire était si dense qu'elle en devenait difficilement pénétrable. C'est ce que je vais vous expliquer dans les paragraphes qui suivent.

Puis au fil de l'histoire, au fur et à mesure que je me suis rodée aux personnages, aux différents camps, aux tenants et aux aboutissants, je suis progressivement entrée dans l'histoire... pour ne pratiquement plus décrocher jusqu'à la fin.

Une première partie de roman riche...

De bonnes bases...

J'évoquais plus haut mes difficultés à "entrer dedans". Je ne peux bien sûr pas exclure que ceci résulte partiellement de mon récent passage à vide et de mes soucis de santé. Mais, ayant lu l'avis d'autres lecteurs et blogueurs sur différents sites, je ne peux que les rejoindre en ce sens que l'histoire est incroyablement dense et ne se laisse pas facilement aborder. 

Les premiers chapitres, pourtant, étaient prometteurs, encore que l'idée de départ puisse paraître un peu téléphonée. Une jeune fille, Ambre, rentre chez elle après l'école avec un ami. Le soir même, elle et sa tante sont agressées à leur domicile et doivent fuir pour leur survie. Dès lors, ce qui faisait le quotidien d'Ambre se voit définitivement bouleversé, à commencer par sa propre identité. Vous en conviendrez, c'est un début d'histoire assez typique.

Mais... car il y a toujours un mais... très vite, on se rend compte que l'on n'a pas affaire à un univers typique. Des anomalies se glissent dans le monde tel qu'on le connaît, des termes étranges qui ne figurent certainement pas au dictionnaire viennent émoustiller la curiosité (qu'est qu'une "nova", au juste?). Plus les deux femmes en fuite s'enfoncent dans les rues de la ville, et plus notre univers si familier vacille. Les artères urbaines semblent bizarrement peuplées... Il n'y a plus de foule vaquant à leur shopping ou flânant devant les vitrines. En revanche, on voit surgir des personnalités insolites, des membres d'une confrérie très conservatrice aux attitudes particulièrement agressives. Qui sont ces Frères de la Lumière qui commettent tant d'atrocités? Et ces gens qui poursuivent les deux femmes, ils ont de bien étranges pouvoirs... Et la tante d'Ambre, n'a-t-elle pas elle aussi manipulé les éléments de façon étonnante? D'ailleurs, la voilà qui appelle Ambre par un autre prénom, Yzé... La jeune fille, perdue, ne peut que se reposer sur sa tante pour s'en tirer. Quant au lecteur, perdu lui aussi, dépaysé plutôt, il ne peut que se reposer sur l'auteur pour espérer quelques explications.

Ambre s’accrocha à Lucy pour se donner du courage et elles avancèrent dans le brouillard. Derrière elle, la bête avait cessé de crier.
La progression dans cette purée de pois était une expérience stressante pour Ambre. Sa vision s’arrêtait à l’épaule de sa tante qui la précédait. Sur quoi allaient-elles tomber ? Et la créature qui avait mis fin à ses hurlements. Était-elle morte ou avait-elle réussi à s’échapper ? Ses nerfs étaient mis à rude épreuve. Plusieurs fois, le voile glissa sur une masse sombre qui se révéla être un objet inanimé pour le plus grand soulagement d’Ambre.
Lucy semblait progresser sans difficulté apparente. Elle usait de prudence, mais n’était pas gênée par la visibilité réduite. Au bout de quelques minutes, elle parut pourtant tâtonner. Revenue sur ses pas, elle s’arrêta enfin devant une porte en bois avec un heurtoir. Lucy saisit l’anneau de fer que tenait une gueule de loup et cogna contre le montant. Ambre sursauta tellement le son résonna. D’un œil inquiet, elle scrutait les volutes qui les entouraient. Elle se sentait oppressée et s’attendait à ce qu’une tête de chauve-souris surgisse du néant.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Un foisonnement de personnages...

Très vite, les actions s'enchaînent et le suspens est à son comble. Yzé et sa tante parviendront-elles à quitter la ville saines et sauves? Et c'est à ce niveau-ci de l'histoire que cela se corse...

Là où je suivais paisiblement - ou presque - les mésaventures des deux héroïnes, essayant de me familiariser avec l'univers pratiquement post-apocalyptique proposé par l'auteur, bam! Me voici assaillie d'une salve incroyable de nouveaux personnages. En l'espace de quelques chapitres, je fais la connaissance - pas toujours agréable - d'une mère et de son fils, tous les deux Frères de la Lumière, qui veulent capturer Yzé. D'autres Frères de la Lumière interviennent aussi, qui semblent être les commanditaires de cette mise à prix. Puis l'on rencontre quelques personnages turbulents issus d'un clan de magiciens appelés les Magis. Il y a ceux qui poursuivent Yzé, et il y a ceux qui tirent les ficelles. Et je dois bien avouer que je me suis un peu emmêlée les pinceaux dans une profusion de noms et de personnalités étranges et assez peu bienveillantes.

Peu de temps après, on fait la connaissance des habitants du village Wicce, et là non plus, ce n'est pas simple. En gros, ils sont nombreux, et dans leur grand nombre, on distingue des "gentils" Wicce, qui essaient d'aider Yzé, et des "moins gentils" Wicce, qui aimeraient bien la mettre à la porte par jalousie et envie. Mais attention, car ce village Wicce comporte aussi des "non-Wicce", une famille mise au ban de leur petite société presque bien rodée pour de sombres histoires du passé. On les appelle les Tugenstein, et la plupart des gens du village les évitent pour leur étrangeté. 

Bref, vous l'aurez compris, des personnages, il y en a beaucoup, et ce n'est pas toujours facile de se rappeler de tous les noms et du clan auquel ils appartiennent. En attendant que l'histoire me permette de me familiariser plus avec chacun, j'ai avant tout retenu s'ils étaient pour ou contre Yzé. Et c'est déjà pas mal. 

Mais au fait, pourquoi Yzé ne s'appelle-t-elle pas Ambre, au final? Et pourquoi les deux tiers des personnages souhaitent-ils sa mort? 

Elle était très grande et très mince, noueuse. Son visage était dur, première impression renforcée par les os qui saillaient sous sa peau et le rendaient aussi abrupt qu’une paroi rocheuse. Ses cheveux coupés très court lui donnaient un air masculin.
Yzé regarda Lucy s’approcher d’elle et la serrer dans ses bras. Les deux femmes échangèrent quelques mots et revinrent.
« Ange, une très ancienne amie », fit Lucy qui la désigna de la main.
Le regard que porta la nouvelle arrivante sur Yzé la cloua sur place. Elle voulut lui souhaiter la bienvenue, lui dire qu’elle était contente de connaître une amie de sa tante, mais la lueur de colère qui passa dans ses yeux l’en empêcha. Puis son visage se transforma et Ange présenta sa main à Yzé, un timide sourire aux lèvres.
« Enchantée », dit-elle.
Yzé se demanda ce que signifiait cette expression qu’elle avait entraperçue, puis bredouilla un bonjour.
« C’est une Wicce d’air, comme toi, Fall. »
Fall la regarda des pieds à la tête comme s’il la jaugeait et se résolut à lui tendre la main. Sa grosse paume enserra celle, fine et sèche, d’Ange. Aucun des deux ne prononça un mot.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Des Wicce et des Magis...

Je vous parlais de deux clans distincts de magiciens, les Wicce, dont Yzé et sa tante font partie, et les Magis, qui leur cherchent des noises. 

Les Wicce sont des magiciens qui manipulent les éléments, c'est-à-dire l'eau, le feu, l'air et la terre. Chaque Wicce contrôle un seul de ces éléments.

Pour les Magis, c'est un peu différent. D'ailleurs, ils sont plus sorciers que magiciens. Car ils utilisent une forme de magie plus sombre qui leur permet de s'assurer les services de démons qu'ils invoquent lorsqu'ils en ont besoin. Et qui dit démons dit souvent vilaines bestioles malfaisantes, pernicieuses et violentes. 

Les deux clans se vouent une haine mutuelle assez violente et en viennent aux mains (ou devrais-je plutôt dire, aux sorts) bien trop souvent.

Il existe d'autres formes de magie, comme celle des Tugenstein, radicalement différente de celle des Wicce et des Magis. Mais je vous laisse découvrir par vous-même de quoi il retourne...

Ce fut le froid de la roche qui l’accueillit. Elle en ressentait les aspérités, sa rugosité, mais rien d’autre.
« Je ne ressens rien.
– C’est normal la première fois, expliqua Lucy. Tu as eu une expérience du pouvoir quand tu as frappé Myria. C’est cette sensation que tu dois retrouver. Je vais t’aider. »
Lucy posa sa main par-dessus celle d’Yzé et Ange appliqua la sienne à côté.
Elle sentit la douce chaleur de sa tante qui contrastait avec la froideur de la roche. Puis des fourmillements commencèrent à lui parcourir les doigts et se propagèrent à ses bras. Yzé se concentra davantage pour retrouver la sensation de bouillonnement. Ce fut plus simple qu’elle ne l’avait cru. Son ventre se mit à vibrer d’une tiédeur qui l’enivra jusqu’à envahir chaque particule de son être. Le monde autour d’elle prit une autre teinte, plus brillante, comme s’il révélait sa véritable nature. Les couleurs étaient plus intenses, profondes et chaque chose pulsait de vie.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Des Frères de la Lumière...

Les Frères de la Lumière sont donc un ordre religieux particulièrement conservateur et virulent. Ils s'opposent fermement à toute forme de magie, quelle qu'elle soit, et n'hésite pas à torturer ou mettre à mort tous ceux qui la pratique. 

Très vite, l'on s'aperçoit qu'ils se servent de leur religion comme d'un prétexte pour "casser du magicien". Mais finalement, n'est-ce pas une belle métaphore de ce que nous vivons en ce moment avec certains intégristes? 

Le temps jadis. Le sujet préféré de Lucy Delage. Ambre l’avait tellement entendu qu’elle n’en pouvait plus. Un temps où les villes n’étaient pas ce qu’elles sont devenues. Une époque où le religieux n’avait pas une place si prédominante et n’était pas source de conflit.
Nova Lugdunum s’était appelée Lyon autrefois. Les bourgades avoisinantes avaient été absorbées par une population sans cesse grandissante. Et puis ç’avait été la famine, la lutte pour l’eau et un bout de terre. Certains pensaient que c’était un châtiment divin, d’autres que c’était une seconde chance. Quoi qu’il en soit, la démographie avait drastiquement décliné avec les guerres pour les ressources et les nouvelles maladies. Aujourd’hui, la plupart des humains vivaient à l’intérieur d’espaces sécurisés appelés Nova.
Ce n’était pas le paradis, mais les Nova avaient donné un semblant de protection à ses habitants, quand à l’extérieur les hommes survivaient ou mourraient selon la loi du talion.
Lucy Delage s’inquiétait particulièrement de la montée des religieux et principalement de la Fraternité de la Lumière. Branche dévoyée du Christianisme, un groupe de fanatiques qui prêchaient pour que l’homme tende vers la Lumière, vers Dieu. Des milliers de personnes adhéraient à ce mouvement croissant. Quand, en plein désarroi, on vous promettait une vie meilleure, les désespérés étaient enclins à y croire.
Le gouverneur de Nova Lugdunum avait bien du mal à s’opposer à la puissance des Frères de la Lumière, si bien qu’il n’avait pu empêcher la création du Saint-Office, sorte d’inquisition moderne.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Un personnage (trop) parfait...

Dans l'absolu, Yzé est parfaite. Trop parfaite, même. 

Elle est belle, pour commencer. De longs cheveux roux bien fournis, de grands yeux verts, mince (le corps, hein, pas les yeux!). Bref, un véritable ravissement pour la vue. Par-dessus le marché, c'est une demoiselle intelligente, sensible mais pas trop, sociable, à l'écoute des autres, toujours prête à aider ou à consoler, tolérante, ouverte d'esprit, volontaire, et dotée d'un caractère bien trempé. Que demander de mieux?

Ces deux points, déjà, suffiraient à attirer suffisamment de convoitises pour justifier le fait qu'autant de monde lui en veuille. Mais il y a autre chose encore...

Yzé est douée. Incroyablement douée. Les pouvoirs des Wicce nécessitent plusieurs années d'étude et de pratique pour les maîtriser? Qu'à cela ne tienne! Yzé apprend tout cela en quelques journées seulement! Il faut toute une vie ou plus pour apprendre à maîtriser d'autres éléments que le sien? Qu'à cela ne tienne! Yzé apprend cela en une petite semaine! 

Yzé, c'est un peu la Chuck Norris des arts magiques. Je ne serais pas étonnée que l'auteur nous apprenne qu'elle a compté jusqu'à l'infini deux fois. Là, c'est sûr, un personnage aussi gonflé de perfection, moi, ça me donne des envies de meurtre. Mais il y a encore autre chose...

La demoiselle ferait partie intégrante d'une prophétie ancienne, et beaucoup aimerait que celle-ci ne se réalise pas. Mais chuuuuut! Je ne vous ai rien dit...

Mais ne croyez pas que je me gausse bêtement du personnage d'Yzé, car il m'est moi-même arrivé de créer des personnages pour qui tout est trop facile. Je ne peux décemment pas jeter la pierre, d'autant plus qu'Yzé a des côtés très attachants aussi. Certes, elle est parfaite à tous points de vue, mais la vie ne l'a pas épargnée (orpheline, tout de même...) et elle continue à ne pas lui faire de cadeaux. Si elle semble tout réussir au niveau magique, je peux vous assurer que le tragique de la vie la rattrape plus vite qu'un Eurostar lancé à pleine vitesse. 

 

La lumière s’infiltra petit à petit et força Yzé à refermer ses paupières et à passer sa tête sous l’oreiller.
L’abri de la couette ne suffit pas pour éviter la déferlante d’images qui s’imposa à son esprit. Elle revit en accéléré la dernière nuit qui s’était avérée mouvementée. Avec précaution, elle sortit sa tête de sa cachette et ouvrit les yeux. Le lit de Lucy était vide, les couvertures repoussées dans le fond.
Yzé s’assit et voulut attraper ses habits qu’elle avait déposés sur la chaise proche de la fenêtre. Ils n’y étaient plus et en lieu et place elle en trouva d’autres correctement pliés en une pile. Yzé sourit à cette attention qui ne pouvait venir que de sa tante et se pencha pour saisir les vêtements. Son regard s’arrêta sur une paire de bottes noires en cuir souple sans talons. Habillée de la tête au pied !
Le pull serré lui allait à merveille. Tout à fait dans ses goûts. Noir intense, petites sangles qui partaient de divers endroits. Le pantalon, lui, était neutre. De la même couleur que le haut, il possédait de grandes poches sur les côtés qui le faisaient ressembler un peu à un baggy en plus ajusté. Yzé passa les bottes qu’elle remonta par-dessus le pantalon. Satisfaite, elle se leva et fit jouer ses doigts de pied. Elle se sentait à l’aise et l’aurait été davantage si elle avait pu faire un brin de toilette.

Yzé et le palimpseste, de Florent Marotta

Une seconde partie de roman captivante...

Vous n'imaginerez jamais ce qui m'est tombé dessus une fois que je me suis faite aux personnages initiaux? Des nouveaux personnages, tiens! 

Ils me tenaient en embuscade, dissimulés derrière le coin d'un chapitre. Fi, les vilaines créatures! Des Magis, en plus... Et pas n'importe lesquels! De vieux Magis tous moisis, tout droit sortis des caveaux dans lesquels on les avait relégués depuis des centaines d'années (ou était-ce des dizaines?). Quel sombre dessein les pousse à venir fourrer leur nez dans les affaires des Magis actuels, c'est ce que vous apprendrez dans la seconde moitié du roman. 

Car devinez quoi? Eux aussi veulent la peau d'Yzé! Cela devient une obsession... Mais cette fois-ci, Yzé et ses amis ont du souci à se faire, car ces Magis-ci sont plus coriaces que les premiers! 

Si j'ai dû m'accrocher en début de roman pour ne pas vider les étriers et rester dans la course avec Yzé, la deuxième partie du roman m'a totalement happée! Et ça, j'achète, évidemment!

Quid du titre?

Il est une question qui m'a taraudée pendant la presque totalité de mon temps de lecture. Quand apparaîtra donc le fameux palimpseste dont il est question dans le titre? 

Entre parenthèses, pour ceux qui ne sont pas habitué au vocabulaire codicologique, un palimpseste est un manuscrit dont on a gratté ou effacé l'écriture pour réécrire par-dessus

Hé bien, il apparaît, rassurez-vous! Il vous faudra attendre les derniers chapitres, mais il est bien présent, et il a son importance, même si elle est tardive. Mais je dois avouer que cela m'a décontenancée. Pourquoi intituler un roman "Yzé et le palimpseste" si ledit palimpseste n'apparaît qu'à la toute fin? L'auteur serait-il donc maître dans l'art des teasers à très longue durée? Certes, le titre ainsi formulé ne manque pas d'originalité, et il attire indubitablement l'attention du lecteur. Mais si c'est pour faire languir ce dernier dans l'attente d'une explication qui tarde à venir, où est l'intérêt?

Je vous avoue qu'en tant que lectrice, cela m'a déroutée, au point que j'en suis venue à me demander s'il ne manquait pas quelque chose dans l'ebook que l'on m'avait envoyé. La seconde moitié du roman, par exemple... D'autant plus que le roman s'arrête un peu abruptement. Certes, l'intrigue principale est résolue, ou presque, mais je m'attendais honnêtement à ce que cela continue. Cette impression était renforcée par le fait que ni la couverture ni la page de titre ne fait mention d'un second tome. À l'entame de ma lecture, j'étais donc totalement convaincue d'avoir affaire à un one shot dont la chute me dévoilerait les zones d'ombres de l'intrigue. Que neni! Ce sera "suite au prochain numéro"!

En résumé...

J'ergote sur des détails, dans cette chronique, mais ceci dit j'ai sincèrement apprécié cette lecture, malgré la profusion de personnages et de clans qui ont rendu mon introduction dans l'univers d'Yzé un peu compliquée. L'histoire proposée est relativement simple, mais elle est émaillée d'une foule d'éléments très intéressants, comme la magie des Wicce et des Magis, le zèle des Frères de la Lumière, la ténébreuse sorcellerie des Tugenstein, les Rêveurs... 

Le personnage d'Yzé est certes parfois énervant de tant de perfection, mais elle n'en reste pas moins une jeune fille attachante qui a su gagner mon coeur de lectrice. Ses amis, à mon sens, sont encore mieux, parce qu'ils sont imparfaits au départ, mais ils luttent pour surmonter leurs difficultés et leurs peurs. 

Quant à la chute, elle est sympa et plutôt bien pensée. J'attends donc impatiemment la suite!

Ma note : 15/20

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques!

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