Poésie mac'hvalienne #2

Publié le 27 Février 2016

Poésie mac'hvalienne #2

Second opus des poésies machvaliennes. Pour rappel, voici la présentation que j'en faisais la semaine dernière :

En triant mes étagères hier, je suis tombée sur mes anciens carnets de poésie, que j'ai pris plaisir à relire. Ils ont été écrits pour la plupart en 2007, alors que j'entamais de peu ma vingtaine. Bien souvent, j'écrivais pendant mes heures de cours, accompagnant mes vers de petits croquis et autres élucubrations bizarroïdes. J'ai toujours beaucoup pratiqué l'école buissonnière mentale, voyez-vous.

Il n'est pas dans mes habitudes de mettre des choses trop personnelles sur ce blog. Certes, je me dévoile toujours un peu, au travers de mes "Belles histoires de Mamy Acherontia", ainsi que de ces petites annotations qui fourmillent dans mes articles. Ce n'est pas dans mon habitude de trop en dire, parce que ce n'est pas le propos de ce blog, et que nombre d'éléments de ma petite vie ne regardent que moi. Et pourtant, écrire, c'est mettre à nu nos pensées. Si je souhaite aller dans la direction de l'écriture, je dois apprendre dès maintenant à accepter cet état de fait.

Certes, les sentiments dont il est question sont bien naïfs, et je ne respecte guère les règles d'usage en poésie, mais je les aime bien. Ils sont le reliquat d'une vie que je croyais morte et oubliée. Une vie où mon nom de plume (et de scène quand je jouais de la harpe de façon sérieuse) était Mac'hvala, un temps où la solitude m'inspirait aussi bien qu'elle me désolait. Ces poèmes, contrairement à ce qu'ils laissent penser, n'avaient pas de destinataire. Ils n'étaient qu'un reflet onirique de ce que j'attendais de la vie, une façon de transcender la douleur de mes vieilles blessures, de tirer de la noirceur du monde un peu de beauté.

Voici treize petits textes sélectionnés parmi les pages de mes carnets noircis d'encre. D'autres viendront sans doute compléter la collection.

Pour explication, dans mes carnets, les noms communs portaient tous une majuscule, comme en allemand. J'ai laissé cette graphie telle quelle. À l'époque, après une première année d'étude peu convaincante chez les bibliothécaires-documentalistes, je m'apprêtais à rejoindre l'Université pour entamer des études germaniques. J'étais alors en grande admiration pour Rammstein, Oomph!, Megaherz, Eisbrecher et d'autres groupes de metal allemands, et cela se ressentait jusque dans ma façon d'écrire.

Mais si vous avez peu de goût pour la musique germanique, vous pouvez accompagner ces bribes poétiques par la musique d'artistes tels que Ghost Brigade, Katatonia, Novembers Doom, A Pale Horse Named Death, Swallow The Sun, Insomnium, Daylight Dies, Antimatter, Dark The Suns... Ils conviendront très bien à l'ambiance que j'ai cherché à rendre dans ces poèmes.

Acherontia, dans le premier opus des poésies machvaliennes

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

[Poème acrostiche]

Aurore boréale qui brille dans mes Yeux

Roulent de lourds Larmes le long de mes Joues

Arrosent la Mélancolie des Jours heureux

Innondent ma Nef, fout pourrir ma Proue

Girophare de Souffrance dans le Ciel de ma Nuit

Nocive comme une Fleur de Digitale

Enlève la Lumière des Espoirs détruits

Évicère la Chair, suce la Substance vitale

 

Docilement je me couche pour ne pas souffrir

Un Souffle de Mort passe en hurlant par-delà mes Rires

 

Mais ta Main tendue est encore si faible

Avançant à Tâtons dans l'Obscurité

Tentant en vain de m'agripper

Il vient à moi, je le sens approcher

Néant, ce n'était qu'un Mirage, une Image délavée

 

Car tout n'est que Leurre

Heurtant chaque Seconde l'Écho de mes Cris

Agonisant avec les Heures

Giclant vers mes Yeux épris

Retour de Flammes froides comme la Cendre

Il est loin le Temps où je pouvais m'étendre

Nonchalament dans les Herbes mouvantes.

Mac'hvala, 2007

 

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

[Poème acrostiche]

Alors, la Chaîne se brisera

L'Étincelle de Vie pétillera

Ou est-ce le Soleil sur le

Rebord de ta Fenêtre?

Sont-ce tes Pas que

J'entends approcher?

Mac'hvala, 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

J'ai de plus en plus souvent froid la Nuit

Lorsque je sens le Vide de l'autre Côté du Lit

Mes Mains te cherchent à Tâton dans le Noir

Elles ne rencontrent qu'un Silence mort et glacial

J'aurais envie de poser ma Tête le Soir

Sur ta Poitrine, la Joue sur ta Peau pâle

Y entendre battre la Vie, ton Souffle, ton Coeur

Me repaître de tes Regards et de leur Chaleur

Écouter la Musique de ta Voix avant de sombrer

M'allonger dans tes Bras pour ne plus m'éveiller.

Mac'hvala, 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

Je suis allée me promener dans le Vallon

La Terre du Chemin me renvoyait l'Écho de tes Pas

Je n'ai jamais eu tant Envie de suivre ta Voie

Mais la Poussière a effacé tes Traces à sa Façon

Et depuis tu me poursuis, Solitude...

 

J'ai longé les Berges abruptes de l'Étang

Dans l'Eau verte j'ai cru voir miroiter ton Regard

À la Surface des Reflets comme des Plumes de Canard

La Douceur magique de tes Yeux a disparu, maintenant

Et depuis tu m'épies, Solitude...

 

J'ai gravi la Colline aux Herbes sauvages

Au Sommet des Vents hurlaient inlassablement nos deux Noms

J'y ai distingué ta Voix qui ondulait dans l'Alpage

Quand j'ai voulu m'en saisir elle s'est sauvée d'un Bond

Et depuis tu me guettes, Solitude...

 

J'ai allongé mon Corps sur un Tapis de Bruyère

Leurs Feuilles parfumées avaient conservé la Chaleur de ta Peau

J'ai hâte de sentir sur ton Épaule cette Odeur de Menthe claire

Mes Mains te cherchent parmi la Forêt des Lys d'Eau

Et depuis tu me tues, Solitude...

 

J'ai trouvé sur ma Route des Traces de toi

Mon Coeur s'est noyé sous tes Regards d'Eau douce

Et ta Voix tempête par-delà l'Arrête de mon Toit

Mes Mains t'ont trouvé assoupi au Pied des Souches

Et depuis tu t'enfuis, Solitude...

Mac'hvala, le 14 avril 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

[Poème acrostiche]

Crépite en moi le Feu que tu as allumé

Hérisse ma Peau de cent Flammes d'Aurore

Aride comme le Désert que j'ai longtemps humé

Une Blessure déchire la Glace qui dort

Danse en moi des Étincelles de Magie inespérées.

Mac'hvala, 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

Je suis partie en Solitaire sur les grands Chemins

Mon Corps blessé et nu sous mes Habits de Pèlerin

J'ai marché aussi loin, aussi vite que j'ai pu

Pour fuir une Vie dont je n'ai jamais voulu

Fuir, c'est tout...

 

Je me suis égarée dans une froide Impasse

J'ai hurlé pour que sous ma Voix les Murs cassent

J'ai longtemps erré à la Recherche d'une Issue

À la Fin, je me suis assise et j'ai pleuré, déçue

Seule, c'est tout...

 

J'ai tenté de te trouver parmi les Milliards d'Âmes

Je t'ai cherché dans l'Eau, dans le Feu, dans les Flammes

J'ai suivi tes Pas dans la Boue des Marais lointains

Ça ne m'a menée qu'à une Ville morte d'Éboulis éteints

Chercher, c'est tout...

 

J'ai trouvé ta Trace dans l'Ombre des Montagnes chenues

Ton Image se reflétait encore sur l'Eau que tu avais bu

J'ai senti ton Parfum de Menthe, de Souffre, de Velours

J'ai gravi les Rochers raides en Quête de ton Amour

Te trouver, c'est tout...

 

Au Sommet enfin, je t'ai vu pour la première Fois

Tu me tournais le Dos, ton Charisme noyait le Vallon froid

Lorsque tu m'as pris les Mains, quand nos Doigts se sont entremêlés

Le Ciel nous a inondés de Neige, les Flocons fondaient sur nos Peaux

Des Morceaux d'Éternité pour rendre nos Coeurs plus chauds

Des Phalènes de Joie pour sceller notre Union sacrée

Ensemble, c'est tout...

Mac'hvala, le 13 avril 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

[Poème acrostiche]

Comment puis-je saisir ta Main qui se tend?

Il me faut une Échelle, t'atteindre à tout Prix

Et ces Nuages qui passent du Gris au Blanc

Les Robes des Anges les ont balayés et pris.

Mac'hvala, 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

J'avais peur de me brûler les Ailes

Tu m'as montré la vraie Nature du Feu

En me faisant goûter la Flamme de tes Yeux

À présent le Feu et moi sommes parallèles

 

J'avais peur de me jetter à l'Eau

Tu m'as appris à nager comme toi

En me soutenant quand je menaçais de me noyer en toi

À présent je suis Fille des Mers et des Ruisseaux

 

J'avais peur d'aimer la Vie

Et tu m'as dit qu'elle pouvait être belle

Et m'emmenant marcher dans les Neiges immortelles

À présent je ne quite plus les Montagnes et ta Compagnie

 

J'avais peur que tu ne me quittes

Mais tu m'as promis d'un seul Regard

De rester là où tant d'autres s'égarent

Et sans Regret tu as lié à moi le Feu qui t'habite

Mac'hvala, le 3 avril 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

[Poème acrostiche]

Comme à chaque Nuit, j'erre parmis les Pierres

Irréelles dans le Tissu des Heures brisées

Miroite sur les Croix de métal la Lumière

Échevelée de la Lune pâle, effilochée

Tes Doigts sortent de la Terre légère

Ils me supplient de les réchauffer

Entre mes Mains avec Amour je les serre

Rien, dès lors, de ce que tu as pu être ou faire n'

Est plus important que ta Vie ressuscitée.

Mac'hvala, 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

Le Monde ne tourne plus rond

Depuis que les Étoiles sont tombées

Les Anges déchus les dévorent, affamés

Et se gavent de leur Miroitement blond

J'entends des Cris dans la Nuit déchaînée

D'une Âme torturée que l'on met à Mort

Les Bruits des Chaînes de l'Ironie du Sort

Et la Complainte des Enfants trépassés

Je me heurte au Mur ancestral

Des Peurs, je saigne d'un Sang glacial

Qui brûle la Peau de mes Lèvres écoeurées

Par l'Odeur du Sel, de la Chair calcinée

L'Ombre des Lendemains me poursuit

Comme un Fantôme elle me hante chaque Nuit

Elle passe à mon Cou le Satin noir du Deuil

Ses Mains de Phosphore grattent à mon Seuil

Elle me hume car elle me veut

Corps et Âme, toute entière dévouée à elle

Bientôt elle me trouvera devant Dieu

Demain je passerai la Barrière du Ciel.

Mach'vala, 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

Dans mon Sommeil je t'appelle par mille Noms

Aucun ne semble te convenir, jamais tu ne réponds

Mais au moins ai-je croisé ta Silhouette

Au Détour d'un Chemin sous une Lune blette

Tu viens toujours avec la Neige, de tendres Flocons

Tu m'entraînes vers des Montagnes et de clairs Valons

Au-delà de nos Têtes un Ciel irrisé de Couleurs

Moins belles que tes Yeux aux vertes Lueurs

Lorsque le Rêve prend fin au Saut du Lit

Les draps ont gardé ta Forme dans leurs Plis

Mes Cheveux ondulent encore sous ta Respiration

Et mes Yeux ont volé à ton Regard sa Forêt de Néons

À chaque Fois que tombent les Flocons

Quand la Nature se renferme dans son blanc Cocon

Je sais que quelque part tu penses à moi

Et que le Soir, la Neige nous réunira.

Mac'hvala, 2007

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

[Poème acrostiche]

Chaque Pas dans ce Sanctuaire

Résonne de mille Échos

Illuminations de l'Hiver

Sans Paroles sans Mots

Tout se mêle dans ma Tête

À la Lueur de la Glace

Limpide et sans Requête

Poésie mac'hvalienne #2
Poésie mac'hvalienne #2

J'avais espéré que tu sois là

Ne vois-tu pas que la Neige est plus froide

Sur le Haut de Montagnes?

Ton Absence gèle toute Chose sur Terre

 

J'avais espéré que tu sois là

Ne sens-tu pas que la Mer qui me noie

Devient plus profonde de Jour en Jour?

Je perd Pied dans ce grand Vide d'Amour

 

J'avais espéré que tu sois là

Les Rayons du Soleil se font Glace sur ma Peau

À mes Cris de Désespoir se joignent des Nuées de Corbeaux

Que puis-je faire pour rendre mon Coeur moins las?

 

J'avais espéré que tu sois là

La Lune de Deuil se réchauffe peu à peu

Elle se glisse comme un mauvais Rêve sous mes Yeux

Je me réveille seule et en Éclats

 

J'espère encore que tu viendras

Je prie chaque Nuit sous un Ciel plombé

Je joins ma Plainte à celles des Loups égarés

Je t'attendrai à Genoux jusqu'à l'Heure du Trépas.

Mac'hvala, le 15 mai 2007

Rédigé par Acherontia

Publié dans #Mes écrits

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