[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

Publié le 17 Janvier 2016

[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

Synopsis du tome 1...

À la bibliothèque pour enfant "La rose trémière" vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu'il peut laisser paraître, c'est un professionnel de premier ordre. Aujourd'hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu'il leur trouvera le livre salvateur.

[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

Synopsis du tome 2...

Mikoshiba, que l'on appelle affectueusement "le champignon", est le célèbre bibliothécaire pour enfants de "La Rose Trémière". Derrière sa façon un peu rude de parler se cache en fait un personnage très agréable que les gens découvrent à travers les livres qu'il conseille. Adulte tourmenté ou enfant triste, chacun ressent le besoin de lire des livres.

C'est à travers la rencontre de ces personnes que nous est contée la suite des aventures de Mikoshiba, le "sommelier du livre pour enfant".

La loi d'attraction universelle...

J'ai découvert ce manga totalement par hasard, par l'entremise d'un collègue qui possède la collection et que m'a prêté les deux premiers tomes. Il m'a fallu un temps certain pour les entamer, car, vous l'aurez peut-être remarqué, je ne suis guère portée sur les mangas... Mais celui-ci m'intriguait de par son sujet, le métier de bibliothécaire, et donc j'ai fini par craquer et ouvrir le premier tome. Ce ne fut pas une si mauvaise idée...

Graphiquement parlant...

De mon point de vue de "very casual" lectrice de mangas, si je trouve les dessins de certains d'entre eux d'une grande beauté, il y en a beaucoup d'autres dont les graphismes laissent à désirer. C'est d'ailleurs souvent le premier qui me bloque dans la lecture de mangas, car si je n'apprécie pas le graphisme, il y a peu de chances que j'accroche à l'histoire.

Dans le présent cas, après avoir feuilleté le premier tome, j'ai été soulagée de constater que je n'étais pas rebutée par le style des dessins, que je qualifierais d'artistiquement sobres. Cette sobriété n'est d'ailleurs pas pour me déplaire, car j'apprécie fort peu la profusion de détails qui, mariés au noir et blanc du dessin, sans compter les caractères japonais à gauche à droite ou encore le sens de lecture inversé, gênent ma lecture plus qu'autre chose.

Ce sont les livres qui te choisissent...

Si je me penche sur le contenu, à présent, j'ai noté plusieurs points forts qui méritent d'être soulignés. Notamment le concept général, qui est "ce n'est pas toi qui choisis les livres, ce sont les livres qui te choisissent". Ainsi, les lecteurs qui fréquentent la bibliothèque de la Rose Trémière (c'est la bibliothèque dont il est question dans le manga) ne choisissent pas réellement leurs livres. Ils tombent par hasard sur LE livre qu'il leur faut lire au bon moment, LE livre qui pourra les aider à résoudre leurs tracas ou, à tout le moins, qui pourra les aider à y voir plus clair. Enfin, quand je dis hasard... le hasard porte bien souvent le nom de Mikoshiba et se promène dans les rayonnages avec l'air bougon et une coiffure de champignon.

Le sommelier du livre pour enfants...

Mais qui donc est ce Mikoshiba qui hante de ses pas la bibliothèque de la Rose Trémière? Ce drôle d'oiseau est surnommé "le champignon" par les enfants, en raison de sa coiffure pour le moins inesthétique, et renommé mycose-shiba par mes soins (que voulez-vous, on ne se refait pas...). Heureusement, de par son intelligence et ses connaissances en matière de littérature enfantine, ce (presque) sympathique monsieur évoque plus la moisissure noble que la lépiote ou le champignon de Paris. C'est qu'il en a sous le bouchon, notre bibliothécaire en chef! Il surfe sur les pages depuis son plus jeune âge, fréquentant assidûment la bibliothèque de son quartier. Sa très grande connaissance des livres pour enfants le mènera à rencontrer l'actuelle directrice de la Rose Trémière, qui l'engage et le place au poste délicat des acquisitions.

Outre son incroyable érudition littéraire, Mikoshiba possède également un don rare, une sorte de feeling qui lui permet de proposer le bon livre à la bonne personne, et ce au moment où elle en a le plus besoin. Il semblerait que, sous ses airs d'intello coincé, le bonhomme soit plus fin psychologue qu'il n'y parait. Si j'ai dans un premier temps regretté le cliché du bibliothécaire grognon qui passe son temps à gendarmer les lecteurs, j'ai vite compris que ce n'était qu'une façade. Plus on avance dans ce manga, plus on finit par s'attacher à lui d'une manière ou d'une autre, et ce malgré ses manières abruptes et son manque de sourire.

Du métier de bibliothécaire...

Le manga dans son ensemble est construit comme une sorte d'apologie du métier de bibliothécaire. Ce n'est pas pour me déplaire, puisque je suis moi-même bibliothécaire-documentaliste. D'accord, je ne travaille pas dans une bibliothèque pour enfants (je crois que ce n'est pas demain la veille que cela arrivera ^^'), mais le travail effectué reste sensiblement similaire. Ici, tout est fait pour redorer le blason du métier (l'attitude étrange de Mikoshiba mise à part). Les collègues de Mikoshiba sont amicales et attentives aux lecteurs, la bibliothèque est accueillante, les lecteurs y trouvent toujours ce qu'ils cherchent, en repartent avec un sentiment de profonde béatitude, et y reviennent régulièrement (certains y passent même le plus clair de leurs journées). Les connaissances de Mikoshiba et l'aide qu'il parvient à apporter aux lecteurs donne envie, pour ceux qui sont du métier, de l'imiter et d'améliorer, de son côté, les services que l'on rend pendant les heures de travail.

Ceci dit, il y a tout de même un hic... On ne voit pratiquement jamais les bibliothécaires travailler. Ils passent la quasi entièreté de leur temps à papoter avec l'un ou l'autre - et ranger un livre de temps à autre, quand l'envie les prend. Parfois, on assiste à une heure du conte pour les tous petits. Mais ça blablate quand même beaucoup, pour du personnel censé travaillé. Alors certes, sans blabla, il n'y aura tout simplement pas d'histoire. Mais tout de même... Un peu plus de rangement, d'encodage des livres, d'acquisitions, de...

Le résumé à la grosse louche...

Lorsqu'un lecteur a trouvé son livre idéal, l'auteur de ce manga nous offre des vues de ce lecteur occupé à lire le livre en question. C'est alors la bonne occasion pour proposer au lecteur un petit résumé du livre qui est en train d'être lu, le tout en image et avec des mots très simples. J'ai bien aimé ces petits interludes littéraires, d'autant plus qu'ils sont très poétiques et permettent de découvrir des grands classiques, si nous ne les connaissions pas déjà. Un résumé "à la grosse louche", certes, car il faut laisser de la place pour l'histoire, mais cela n'est pas dérangeant, cela donne un peu de légèreté à l'ensemble.

Parce qu'un manga reste un manga...

Je ne le cache pas, la lecture de mangas reste pour moi assez compliquée. Je ne pense pas que le sens de lecture soit le principal problème. Ce qui me perturbe surtout, c'est que, n'ayant lu que très peu de mangas, je ne suis pas familiarisée avec les codes en usage dans ce type de livre. De nombreux caractères japonais censés correspondre à des onomatopées ou... à d'autres choses qui me sont totalement inconnues demeurent très sibyllins à mes yeux. L'attitude des personnages me semble parfois étrange, j'ai du mal à décoder leurs expressions, et donc leurs sentiments. Le fait que la plupart des mangas soient en noir et blanc ne facilite pas ma compréhension. Je dois parfois relire une page pour comprendre ce qui s'y passe, car les mouvements et les actions ne sont pas clairs pour moi.

Enfin, ce n'est pas que ce manga en particulier soit mauvais, je pense surtout que c'est moi qui suis peu accoutumée à en lire...

En résumé...

J'ai vraiment bien aimé le thème, le concept ainsi que les personnages et leur psychologie. Les dessins sont sympas aussi, même s'ils ne sont pas aussi recherchés que ceux de Black Butler (pour ne citer que celui-là). Ce qu'il y a de bien avec ce type de bouquins, c'est que cela nous rappelle qu'il y a encore du bon dans ce monde, monsieur Frodon, et qu'il faut se battre pour ça. Les gens bien existent, les bibliothèques sympas où l'on trouve tout ce qu'on veut existent, les livres qui nous aident à grandir existent. Le tout, c'est de tomber dessus...

Ma note : 17/20 - Une parenthèse de douceur dans un monde de brutes ^^
[Chronique] Le maître des livres. Tomes 1 et 2, de Shinohara Umiharu

À très bientôt pour de nouvelles aventures livresques!

Et, si ce n'est déjà fait, n'hésitez pas à me rejoindre sur ma page Facebook! Vous y trouverez une nouvelle "section", dans laquelle je posterai des extraits des romans en cours de lecture. Des extraits, seulement, hein ^^

Rédigé par Acherontia

Publié dans #Chroniques, #Mangas, #Littérature japonaise, #2010's

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