[Chronique littéraire] Le jour J du jugement, de Graham Masterton

Publié le 20 Août 2015

[Chronique littéraire] Le jour J du jugement, de Graham Masterton

Le livre...

Être pris en otage par un démon n'est déjà pas très rassurant. Mais quand il vous demande de l'aider à se libérer de ses camarades...

Les treize chars avaient débarqué en Normandie le 13 septembre 1944. L'un d'entre eux, un Shermann, était resté, abandonné depuis la fin de la guerre, sur le bas-côté de la route.
Les gens évitaient de s'en approcher. Ils disaient que, par les nuits les plus sombres, on pouvait entendre les morts, l'équipage, parler entre eux à l'intérieur du char. Dan McCook voulut en avoir le cœur net. C'était déjà une erreur. Mais, surtout, jamais il n'aurait dû desceller le crucifix qui fermait la tourelle.

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La loi de l'attraction universelle...

Le jour J du jugement est mon second roman de Masterton "estival" (pour ceux qui n'ont pas lu ma précédente chronique, j'y explique que les romans de Masterton sont pour moi des sortes de romans harlequins que j'aime particulièrement lire pendant la période de vacances estivales).

Du coup, pour l'originalité, je suis servie...

Je me disais "Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de char hanté, c'est complètement ridicule, je ne vois vraiment pas comment Masterton peut en faire sortir quelque chose de bon". Et pourtant...

Ce qui m'a aussi fait craquer pour ce roman en particulier, c'est le résumé. Je me suis sentie intriguée par cette histoire de char hanté, et j'ai eu envie de pousser plus loin ma curiosité. En lisant les premières pages, je me disais "Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de char hanté, c'est complètement ridicule, je ne vois vraiment pas comment Masterton peut en faire sortir quelque chose de bon". Et pourtant, je n'ai pas du tout été déçue par la créativité de l'auteur. Une histoire de démons, ça paraît bien banal pour un roman d'horreur. Mais Graham Masterton a su y mettre sa touche personnelle en mêlant la démonologie à la seconde guerre mondiale, deux sujets qui semblent très éloignés l'un de l'autre (et encore, si l'on peut imaginer qu'Hitler ait été possédé) et qui au final se retrouvent étroitement liés. J'ai beaucoup apprécié l'histoire des treize diables de Rouen, et même si à l'heure actuelle j'ignore encore s'il s'agit d'une histoire véridique ou non, ce récit constituait une base solide pour asseoir les théories démonologiques de l'auteur.

Le seul bémol? Le démon principal dont il est question dans le roman, Elmek... Je trouvais que ça sonnait comme un nom de dentifrice!

Un concerto d'horreurs...

Entre les dégorgements d'asticots, les intestins qui se liquéfient, la pestilence, les difformités, certains pourraient trouver de quoi s'amuser.

Vous vous en doutez, avec les démons, on ne plaisante pas! Masterton l'a mieux compris dans ce roman-ci que dans celui que j'ai lu précédemment, "Le trône de Satan", et nous propose une jolie brochette de surprises horrifiques en tout genre. Oui, enfin, brochette... c'est presque le cas de le dire! Entre les dégorgements d'asticots, les intestins qui se liquéfient, la pestilence, les difformités, certains pourraient trouver de quoi s'amuser.

Mais ce n'est pas encore assez à mon goût. En matière d'horreur, je suis une lectrice plutôt exigeante. À la manière des démons, je réclame ma dose de sang. Si je n'en ai pas assez eu lorsque je ferme le roman, je reste sur ma faim. Selon moi, le démon reste un peu trop sagement tapi au fond de sa boîte (les lecteurs du roman comprendront ^^). Au lieu de profiter de sa liberté retrouvée pour faire les 400 coups autour de lui, il attend gentiment que ça se passe. Et vous appelez ça un démon? Alors en plus, quand on sait qu'ils sont censés être treize...

Une finale très "mastertonienne"...

On dit que le hasard fait bien les choses, mais ici le hasard a mis ses gros sabots pour entrer dans un magasin de porcelaine.

Ce que je reproche aux finales de Masterton, c'est ce côté théâtral où tout part dans toutes les directions et où, finalement, on ne s'y retrouve plus vraiment. Ici, sans vouloir spoiler, on se retrouve au beau milieu d'une grande bataille entre les démons et les anges, mais attention hein! Pas n'importe quels démons ni n'importe quels anges... L'auteur va tout de suite chercher les grosses pointures - son côté théâtral, à nouveau.

Une autre chose que je reproche à cette finale, c'est que bon nombre d'éléments qui viennent aider le héro sont trop attendus. On dit que le hasard fait bien les choses, mais ici le hasard a mis ses gros sabots pour entrer dans un magasin de porcelaine. À nouveau sans vouloir spoiler, la vieille dame qui habite chez les Passerelles a, comme par hasard, un anneau de cheveux provenant d'un sacrifice ainsi qu'une poudre qui serait censée être les cendre d'un morceau du saint suaire. Comment les a-t-elle eu? L'auteur ne s'étend évidemment pas sur le sujet. En revanche, c'est justement de ces objets précis dont le héro aura besoin pour sauver sa peau et celle de l'humanité tout entière. Ben tient... Non non, je ne m'attendais pas du tout à ce que le héro sorte ces artéfacts aux moments les plus critiques - dis-je en essayant de faire l'étonnée.

En résumé...

Points positifs :

  • Une histoire qui aurait pu être banal mais que l'auteur pimente en y ajoutant des éléments auxquels on ne s'attend pas.
  • Une histoire bien ficelée même si ça part un peu dans tous les sens à la fin.
  • Une belle brochette de scènes d'horreur.

Points négatifs :

  • La fin trop théâtrale.
  • Certains éléments sont trop attendus.
  • Pas encore assez de gore à mon goût.

Ma note...

16/20, parce que j'ai tout de même passé un très chouette moment de lecture!
Lu dans le cadre du challenge Littérature de l'imaginaire 2015

Lu dans le cadre du challenge Littérature de l'imaginaire 2015

Commenter cet article

Jacaranda 26/09/2015 19:34

J'ai été un peu déçu par ce livre. La première partie m'a beaucoup plu mais par contre je me suis un peu ennuyé sur la fin. Dommage.

Acherontia 26/09/2015 20:17

Pas faux. Personnellement, j'ai eu l'impression que tout était un peu trop précipité sur les cinquante dernières pages. Entre le début et la fin, c'est vrai que l'ensemble formé par les recherches du héros et leur trajet jusqu'à la destination finale est un peu long. J'aurais préféré un peu plus de rebondissements. Mais ce n'est pas non plus le pire que j'aie lu de l'auteur.

Bernieshoot 22/08/2015 08:31

Une chronique tres bien écrite, bienvenue dans ma communauté livres ô blogs

Acherontia 24/08/2015 09:30

Merci beaucoup ^^ Ça me fait très plaisir d'en faire partie!