[Chronique littéraire] Le visage de la peur, de Dean Koontz

Publié le 15 Avril 2015

[Chronique littéraire] Le visage de la peur, de Dean Koontz

Résumé...

Une vague de terreur allait déferler sur New York... Qui est le Boucher, et comment parvient-il à convaincre toutes ces femmes si différentes de le faire entrer chez elles en pleine nuit ? Un tueur qui ne paraît ni fou ni enragé lorsqu'il s'en prend à ses victimes. Qui semble agir... méthodiquement. Mais dans quel but ?

La loi de l'attraction universelle...

Pour le challenge "Un mot, des titres", je devais lire un ou des livres dont le titre contient le mot "peur". Initialement, je voulais lire "La peur de sage" de Patrick Rothfuss, mais comme il n'était disponible dans aucune des librairies proches de chez moi, et que je n'aurais pas eu le temps de le lire si j'avais dû le commander, je me suis rabattue sur ma PAL, où j'ai déniché cet ebook. Et ça tombait bien, car je voulais justement découvrir Dean Koontz, dont on m'avait dit beaucoup de bien...

Un concept intéressant...

Ce qui m'a plu, dans ce roman, et qui a finalement relevé le niveau, c'est la psychologie du tueur en série appelé le Boucher. Oui, bon, pour le surnom, l'auteur aurait peut-être pu donner un peu plus dans l'original...

Attention : risque de spoil!

Dean Koontz met en fait en scène, non pas un tueur, mais deux, qui travaillent ensemble et tentent de brouiller les pistes en se faisant passer pour un tueur unique. L'originalité réside surtout dans ce que ces tueurs ne sont, d'un point de vue clinique, pas fous ou psychopathes. Selon un des personnages de l'histoire, ils pourraient même passer des tests psychologiques sans que rien ne soit décelé. Ce sont simplement deux hommes qui ont pris la décision de tuer parce qu'ils ont adopté la théorie du surhomme de Nietzsche, et qu'ils considèrent les autres humains comme de vulgaires vermines qui empêchent les surhommes qu'ils sont de fonder une nouvelle race plus puissante. C'est tordu, mais l'auteur a assez bien ficelé son histoire, et du coup tout paraît très crédible, même si je n'irai pas jusqu'à dire que ces deux bonhommes-là n'ont aucuns soucis psychologiques...

Koontz nous parle, pendant tout un chapitre, de la rencontre des deux tueurs, et comment ils en sont venus à cette idée de tuer pour permettre à la race des surhommes de s'épanouir. Honnêtement, je me suis demandée où l'auteur avait été dénicher de pareilles idées, tant certains passages étaient crus et malsains au possible. Loin d'en être choquée, j'ai trouvé que cela donnait au récit une part supplémentaire de réalisme, et en même temps, ça donnait le ton. Là, c'est certain, on est bien dans un thriller tortueux et glauque à souhait...

Un thriller passable...

Parlons-en, justement, du côté thriller... J'annonce qu'il s'agit d'un thriller passable, mais j'avoue avoir tout de même été tenue en haleine du milieu jusqu'à la fin du roman. En gros, la dernière partie du roman se déroule presque en huis clos. Les "héros" de l'histoire sont tout en haut d'une tour de bureaux (44 étages tout de même) et doivent échapper à notre fameux Boucher qui aimerait beaucoup pouvoir leur trouer le lard avec son pétard. Mais voilà, malgré un plan qui aurait pu marcher avec d'autres protagonistes un peu moins audacieux, notre Boucher est malheureusement tombé sur la crème des crèmes, et nos deux MacGiver en puissance trouveront les stratagèmes les plus fous pour lui échapper. S'ensuit une longue et -presque- captivante chasse à l'homme...

Trop de longueurs...

Et c'est ici qu'intervient le gros point négatif de ce roman, selon moi... trop de longueurs!! Ce roman est court, pourtant, moins de 300 pages... Et un quart de ces pages est rempli de descriptions interminables des stratagèmes de nos MacGiver en herbe. Il faut savoir qu'un des fuyards est un ancien alpiniste qui a dû arrêter ses activités après une chute douloureuse tant sur le plan physique que psychologique. Et donc, que fait un ancien alpiniste bloqué en haut d'une tour, selon vous? Eh oui... donc nous avons droit pendant de loooooongs paragraphes à des descriptions de techniques d'alpinisme qui, à mon sens, plombent vraiment l'histoire et son suspens. La preuve, j'ai sauté ces passages, pour la plupart, chose que je ne fais pratiquement jamais. Certes, Dean Koontz s'est formidablement documenté et traite le sujet de façon très professionnelle. On en arriverait presque à croire qu'il est lui-même alpiniste, et c'est peut-être d'ailleurs bien le cas. Mais au milieu d'une course-poursuite halletante, je dis non. Un peu c'est bien, mais point trop n'en faut. D'autant plus qu'il était des moments où les protagonistes oubliaient totalement la peur du vide et le risque de se faire canarder par le Boucher. Ils souriaient, bavardaient ensemble comme si de rien n'était, parvenaient même à plaisanter... Pas très crédible, tout ça. Surtout que l'un deux est tout de même censé être traumatisé par sa chute, on le voit avoir peur les cinq premiers mètres, et puis après, pfuit, envolée la phobie du vide. Il retrouve son niveau d'emblée de jeu, malgré plusieurs années sans pratiquer, et avec une jambe blessée censée le rendre fou de douleur au point de ne pas savoir monter un escalier... Personnellement, ça me donne un peu envie de rire.

En résumé...

Points positifs :
  • La psychologie intéressante du tueur.
  • Le suspens qui donne envie de lire le tout d'une traite.
  • L'auteur maîtrise assez bien son sujet (l'alpinisme).
Points négatifs :
  • Le dit sujet empiète trop sur la dite intrigue, qui s'en trouve trop entrecoupée.
  • Ce même sujet est beaucoup trop développé et entraîne de désagréables longueurs.
  • Certains points laissent à désirer en ce qui concerne la crédibilité.
Ma note : 14/20, pour le suspens, principalement.
Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", Session 31, "Peur"

Lu dans le cadre du challenge "Un mot, des titres", Session 31, "Peur"

Commenter cet article